AGIS COMME UN GARCON

Vois comme un homme

L'Interview

Quelques questions pour en savoir plus sur notre homme à projet

Avant toute chose, et le plus important : quel est ton Emoji préféré ?

Les petites lunettes, sans aucun étonnement, j’imagine…

 

Comment te décrirais-tu en quelques mots ?

Je fais attention à ce que porte et ce que je fais. J’essaye de garder le contrôle de la situation. « You never get a second chance to make a first impression » est un peu ce que je garde en tête quand je rencontre des nouvelles personnes.  C’est une belle motivation pour un commerçant. Ça, c’est mon côté professionnel.

En privé, je craque complètement.  Je m’amuse, ne prends rien au sérieux et déconne (trop) facilement.

 

Enfin… Dis-nous plutôt comment tes proches te décriraient-ils en quelques mots ?

 Le bon vivant de la bande. J’aide beaucoup mes amis, les gens peuvent compter sur moi. Il y en a quelques-uns qui m’admirent pour ce que j’entreprends. J’adore organiser des évènements, des soirées à thèmes, des mariages, des weekends entre potes. C’est sans doute mon côté « Akéla » des scouts qui ne me quitte plus.

 

Parle-nous de ton projet… Comment en es-tu arrivé là ?

Plus jeune, je n’ai pas été l’élève modèle. J’étais trop « actif » en classe et je n’avais donc plus assez d’énergie le soir pour « étudier » (disons-le comme ça). 

J’ai fait mes études d’opticien en secondaire technique à Anvers.  Je n’ai pas choisi ces études par choix, mais plus par hasard.  Je n’avais pas encore mon diplôme en poche que j’ai été embauché par une grande surface d’optique pour être directeur de magasin et gérer une équipe de 9 collaborateurs, j’avais 21 ans. J’ai engagé mes amis pour leurs jobs d’étudiant. Le soir, je rentrais à ma colocation à Bruxelles. Les journées étaient longues, les soirées arrosées et les nuits courtes. J’ai tenu 3 ans avec ce rythme-là.

Ensuite, cette grosse société n’avait plus besoin de moi et j’ai décidé de partir en voyage durant un an au Togo, en Afrique occidentale. 

J’ai vécu dans un bled, sans eau courante et il n’y avait de l’électricité que quelques heures par jour si l’électrogène voulait bien fonctionner. Une expérience de dingue ! J’ai sillonné les routes du Togo avec ma moto. Le bonheur brut ! J’ai énormément muri durant ce voyage…

En revenant à Bruxelles, il me fallait un job. J’ai donc envoyé quelques CV…

Loin de moi l’envie d’enrager les lecteurs, mais j’ai envoyé 15 CV et reçu 14 réponses positives. J’ai décidé de me présenter à 6 entretiens et ensuite sélectionné 3 pour faire une journée d’essai. Assez inhabituelle comme démarche, mais apparemment un opticien optométriste trilingue cela ne se trouve pas facilement … J’étais une denrée rare.

Finalement, j’ai choisi d’aller travailler chez HOET, rue Antoine Dansaert, 8 générations d’opticien.  Ce magasin est un ténor dans le monde de l’optique, ayant une renommée internationale du Japon au Pérou.

 

Certains clients souhaitaient du sur mesure et nous sous-traitions la fabrication à l’étranger. J’ai cherché des fabricants de pièces uniques en Belgique, mais il n’y en avait pas. J’étais face à des demandes et il n’y avait pas d’offre…

Je m’adresse donc à ma future femme :

- « Vinciane, mon amour, je t’ai toujours dit que je voulais mon magasin. J’ai un concept : nous allons vendre des lunettes sur mesure en corne de buffle.

- Des lunettes de quoi en quoi ? »

Après quelques explications, elle me fit confiance et nous avons investi toutes nos économies dans des formations de fabrication de lunettes dans le Jura. J’ai adoré.

Ensuite, en accéléré, cela donne :

02/01/20105 : Démission chez Hoet, début de la création d’une entreprise.

15/10/2015 : Ouverture du magasin « Lunetier Ludovic » Artisan créateur de lunettes sur mesure au SABLON.

20/10/2015 : Premier client qui rentre par hasard et qui me commande des lunettes sur mesure en corne (confirmation du concept, quartier et prix)

Avril 2016 (6 mois plus tard) : 45 commandes de lunettes sur mesure.

L’impossible est réalisé, mais ce n’est pas encore fini…

To be continued…

 

Mais quel est ton secret ? 

Être vrai, ne pas se prendre trop au sérieux. Viser haut, mais garder les pieds sur terre. Être bien entouré et finalement suivre mon instinct. « Follow your gut feeling ».

 

Une anecdote fun à nous raconter dans le cadre de ton projet ?

-       « Bonjour, je viens essayer des lunettes sur mesure en corne. 

-       Monsieur, ce n’est pas possible, mais je peux vous montrer une réalisation pour un client. La voici. 

-       Ces lunettes sont beaucoup trop petites pour moi ! Ce n’est pas du sur mesure ça... 

-       Euuuh ? » (Mais p***, vous ne comprenez pas le concept d’un produit sur mesure ?????)

Ah oui, j’ai aussi fait une offre pour le bail commercial dans la salle de travail entre deux contractions juste avant que ma femme accouche. Quelques heures plus tard j’avais un magasin et un gamin sur les bras.

 

Bon, tu vas pas nous mentir, tu ne travailles pas tout le temps, qu’est-ce que tu fais pour te changer les idées ?

Oui, c’est n’est pas faux. Les mercredis soir je joue au tennis avec un tout bon pote. Nous nous défoulons bien et finissons accoudés au comptoir à refaire le monde.

Je chante aussi dans une chorale (si si), j’ai une des voix les plus basses du groupe. Et puis je passe mon temps à quatre pattes avec mon petit Félix de 9 mois.

 

Qui voulais-tu devenir quand tu étais petit ?

Quand j’avais 8 ans, je voulais vivre dans la forêt, faire des pièges et manger des myrtilles. Heureusement que je n’ai pas fini ainsi, Christopher McCandless alias A. Supertramp sait de quoi je parle…

Mais sérieusement, je ne sais pas si j’avais un métier en tête à part peut-être chef louveteaux !?!

 

Et.... Ça a marché ?

Oui, j’ai tenu 2 jours. Ça compte ? (Lundi il fallait retourner à l’école)

J’ai mis quelques années à me rendre compte qu’il n’y avait pas d’école pour apprendre à vivre dans les bois !

 

As-tu d’autres rêves en dehors de ton projet ?

Non pas vraiment, je consacre déjà 95% de ma capacité cérébrale à ce projet.  On va essayer d’éduquer notre fils au mieux. C’est un projet ambitieux finalement.

 

Et maintenant, qu’est-ce qu’il te manque pour atteindre les sommets ?

 Quelques employés, des contacts pour être fournisseur de la cour et un filon pour atteindre Elton John et beaucoup d’autres myopes.

 

Finalement, quel conseil aurais-tu aimé donner au toi d’il y a dix ans ?

Fonce ! Crois en toi et en tes capacités ! Construis tes armes pour atteindre tes projets !